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Une Maison «Bauhaus»

Une Maison «Bauhaus»

En 1932, Monsieur et Madame Lenaerts ont l’occasion d’acquérir une partie d’une propriété située à l’angle de la rue de Namur et de la chaussée de Namur.

Après avoir effectué de nombreuses visites d’immeubles, c’est finalement à Brasschaat qu’ils aperçoivent la maison de leur rêve. Ils apprennent que l’architecte est un moine de l’abbaye d’Affligem. Après quelques hésitations, il accepta de faire les plans de la maison. Elle devait devenir une véritable «Bauhaus», exemplaire unique de toute la région. Le moine d’Affligem avait étudié le style «Bauhaus» en Allemagne. C’était un courant artistique fondé en 1919 à Weimar par Walter Gropius, qui concernait à la fois l’architecture et le design, mais aussi la photographie, le costume et la danse. En 1933, le «Bauhaus» est condamné par les nazis. Plusieurs artistes et professeurs s’exilent aux Etats-Unis pour échapper au nazisme.

Le moine prépara un plan qui retint l’attention des Lenaerts. Le style général «Bauhaus» avait été entièrement respecté. Seule la finition ne correspondait pas tout à fait au style que l’architecte voulait imprimer. Monsieur Lenaerts refusa les fers forgés pour la balustrade le long de l’escalier principal ainsi que le long de la « galerie ». Il préféra les remplacer par des parois pleines. Peut-être craignait-il un accident pour ses enfants.

Le style «Bauhaus» se définissait comme promoteur d’une architecture avec des ouvertures, de la lumière, de l’air, symboles forts pour un habitat voulu proche de la perfection.

Dans son principe, chaque place était un cube. Au rez-de-chaussée, il y avait deux entrées. Le hall d’entrée donnait à gauche sur la cuisine et à droite dans la salle à manger. Derrière celle-ci un salon s’ouvrait sur une terrasse avec une vue sur la ville de Wavre. Derrière la cuisine, un corridor allait vers la porte secondaire, un WC et un escalier second. A l’extrême gauche, le garage légèrement en contrebas de trois marches du corridor. En plein milieu, il y avait un grand hall qui allait jusqu’au toit de la maison. De son centre partait un escalier majestueux qui conduisait à l’étage et  de part et d’autre de l’escalier, un petit salon.

Au plafond pendait un lustre en verre, composé de deux plateaux de deux mètres de diamètre, séparés par un bloc lumineux de cinquante centimètres de diamètre.

A l’étage on trouvait trois chambres pour les enfants. La chambre des parents, sur le coin extérieur, était dotée d’un balcon orienté vers la ville. Sur la gauche de l’étage, se trouvait «la chambre à loger» pour le visiteur, la salle de bains et le «chambre de bonne». Entre les chambres se situait un local appelé «galerie». Il y avait là un petit salon avec une table sur laquelle les enfants faisaient leurs devoirs.

Le chauffage central était au charbon. Le toit était plat, en roofing, recouvert de graviers.

La maison entièrement entourée d’un circuit carrossable était reliée à la rue de Namur par un chemin en pente douce, empierré.

Le jardin d’agrément se composait de parterres de rosiers et de rhododendrons tandis qu’à l’arrière un jardin fruitier et une serre à vignes donnait des fruits délicieux. Il y avait aussi un poulailler pour 150 poules et une poussinière pour élever les poussins.

A la mort de Jules Lenaerts, la propriété a été vendue en 1984 à la société Simak qui a rasé le bâtiment et a construit trois buildings sur le terrain.

Guy Otten