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Les peintures sur vitrines renforcent la magie des fêtes

Les peintures sur vitrines renforcent la magie des fêtes

Décorations d’expositions, fresques et peintures murales (Pairi Daiza, Salon des vacances…), dessins d’attractions foraines et d’affiches (Nuit des Chœurs à Villers-la-Ville…), sculptures en polystyrène, panneaux décoratifs d’entrée (Walibi)… : les activités de Nathalie Herman sont aussi variées que sa palette d’artiste. A cet éventail s’ajoute la peinture sur vitrines que cette graduée en arts graphiques sortie de l’Institut Saint-Luc, à Bruxelles, pratique depuis 27 ans.

Lorsque nous l’avons rencontrée le 11 novembre, elle entamait la décoration de la vitrine d’une brasserie proche d’une grande surface de Wavre. «Le patron de l’établissement demande que ce travail soit réalisé plusieurs semaines avant les fêtes. Il est mon premier client. Mais la période la plus chargée se situe entre le 1er et le 10 décembre, c’est du non-stop !, s’exclame-t-elle. J’adapte la décoration au type de commerce et je tiens bien sûr compte de la demande du client. Dès lors, je suis amenée aussi bien à peindre de tous petits motifs au pinceau qu’à monter sur une échelle pour faire un immense dessin au gros rouleau. Bref, sauf si l’on me donne carte blanche, je fais ce que l’on me demande : du traditionnel ou de l’original comme ce libraire qui voulait deux grands dauphins bleus sur sa vitrine ou cette autre commerçante qui souhaitait que je dessine une mère Noël faisant du repassage !»

Quelle que soit la demande du client, légèreté et humour caractérisent les peintures de l’artiste qui veille à ce que ses dessins soient uniques, surtout lorsqu’elle travaille dans la même rue où vous ne verrez jamais deux bonhommes de neige identiques d’une vitrine à l’autre…

Nathalie Herman utilise la peinture acrylique à base de caséine, davantage opaque et mate, et séchant très rapidement. Pinceaux, rouleaux, chiffons, bac à roulettes et échelle complètent le matériel nécessaire à un travail plus physique qu’on ne l’imagine. «Travailler en hauteur requiert de l’huile de bras, sourit-elle, et je porte des genouillères quand il faut peindre à même le sol. Je peux supporter des températures légèrement inférieures à zéro degré  mais pas au-delà car la peinture gèle.»

« Cela me permet d’avoir du travail l’année suivante ! »

Nathalie Herman décore une bonne centaine de vitrines par an. Pâques, Halloween, fêtes des mères et des pères ou d’autres événements ponctuels ne représentent qu’une petite partie de son travail. «A l’inverse de la Saint-Nicolas pour laquelle je ne suis plus sollicitée et qui se limite de nos jours aux commerces de jouets et aux boulangeries, les fêtes de fin d’année constituent l’essentiel de mon activité de peintre sur vitrines, poursuit-elle. Cette période m’assure des revenus fixes chaque année. »

Devenue Gembloutoise après avoir vécu à Bruxelles et à Ottignies, cette mère de quatre enfants et grand-mère de trois petits-enfants parvient, bon an mal an, à vivre de son art. A 48 ans, elle fonctionne sur un acquis forgé par le sérieux et la créativité de son travail. Autant de qualités qui lui ont permis de fidéliser sa clientèle. Celle-ci est principalement localisée dans le centre du Brabant wallon (Wavre, Ottignies, Louvain-la-Neuve, Court-Saint-Etienne, Chaumont-Gistoux…). Un peu aussi à Bruxelles et à Namur.

L’artiste affirme ne pas enregistrer, comme d’autres, une diminution du nombre de ses clients suite à la vogue des autocollants, moins coûteux et qui s’enlèvent plus facilement mais qui n’ont ni l’âme, ni la chaleur des peintures sur vitrines. De même, elle ne regrette pas que ses dessins soient éphémères. Et d’ajouter malicieusement : «Cela me permet d’avoir du travail l’année suivante !»

Philippe Pierre