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Patrimoine : Théophile, le dernier meunier de Limal

Patrimoine : Théophile, le dernier meunier de Limal

En juin dernier, le parc Walibi annonçait un plan d’investissement de 100 millions d’euros étalé jusqu’en 2023. D’ici-là le parc d’attractions sera réaménagé avec huit nouveaux mondes, l’arrivée de dix nouvelles attractions dont quatre nouveaux «coasters» (montagnes russes).

«Nous allons utiliser les quatre hectares, dont nous disposons, à l’arrière du Dalton Terror. On y installera, en 2021, une montagne russe. Elle sera la plus haute et aussi la plus rapide du Benelux. Avec elle, le parc comptera dix montagnes russes, annonçait, en juin dernier, lors de la conférence de presse de présentation, Jean-Christophe Parent, le directeur du parc. C’est le plus gros investissement jamais consenti pour l’aménagement du parc.»

Fameux chantier, fameux charroi

Actuellement, le parc est fermé au public mais le chantier est ouvert. Du côté de l’aqualibi, c’est toute la décoration qui est arrachée. Elle sera remplacée par une autre, pour donner à l’Aqualibi, une ambiance plus exotique, un brin vahiné. Pendant les travaux la piscine a été vidée de ses 2200 mètres cubes d’eau. La réouverture est prévue fin mars et l’Aqualibi aura été gonflé à l’effet vahiné avec une extension de 700 mètres carrés, dédicacée aux plus petits. Un peu partout dans le parc, on bétonne, on cloue, on scie, on découpe, on démonte et on construit. C’est un fameux chantier avec un fameux charroi. Il emprunte la petite rue du moulin, à l’arrière du parc. Le voisinage prend son mal en patience, comme d’habitude.

Espace culturel

En septembre, à l’occasion d’une réunion d’information, certains riverains du site avaient marqué leurs craintes de voir des attractions venir s’implanter trop près de leur maison. D’autres s’étaient émus de la disparition du moulin de Limal. Ce moulin construit sur un méandre de la Dyle, à la hauteur du «pré Libert», en 1862, fut pendant longtemps un moulin à grain. Son dernier meunier était Théophile Van Autgaarden. qui fut pendant la seconde guerre mondiale le meunier du moulin de Limelette avant de reprendre celui de Limal, après la guerre. Le moulin de Limal fonctionna jusqu’à sa mort, en 1976. Le bâtiment fut racheté en 1977 par les Facultés universitaires Saint-Louis de Bruxelles pour devenir un espace culturel. Le moulin fut ensuite revendu à l’entité Six Flags et servait à l’occasion de décor aux animations d’Halloween. Sans entretien, le moulin est évidemment en piteux état. Sa préservation est très hypothétique. À l’époque, Christophe Lejeune (Ecolo), un des rares mandataires communaux,  présent à cette réunion d’information était intervenu pour souligner l’aspect patrimonial du vieux moulin afin que le bureau d’études chargé de l’étude d’incidences s’en soucie. Depuis, plus de nouvelles, ni sur  les éventuels recours à l’enquête publique des différents travaux du parc, ni sur l’avenir du moulin limalois…​

Pascal Jassogne