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No way pour le contournement nord

No way pour le contournement nord

En mai, Nathalie Smoes, la nouvelle fonctionnaire déléguée du Brabant wallon, a octroyé le permis pour la construction du contournement nord de Wavre. Ce méga chantier, dont le coût devrait avoisiner les 27 millions d’euros, prévoit d’aménager un tronçon de 3,5 kilomètres entre le rond-point de la Noire Epine, dans le zoning Nord, à Wavre et la N25 à Doiceau, en passant par la chaussée de Louvain à hauteur des étangs de Gastuche. L’INFO Wavre fait le point sur ce dossier qui divise.

Le projet de ce contournement, qui alimentait déjà les chroniques dans les années 70, est censé régler, en partie, les problèmes de mobilité dans le centre-ville, en dissuadant les automobilistes d’y transiter, mais aussi et surtout de fluidifier le trafic dans le zoning nord ; les 11000 personnes qui y travaillent génèrent un trafic important aux fameuses heures de pointes. La majorité communale saluait l’octroi de ce permis, notamment pour permettre de développer un peu plus le zoning nord, tout en insistant sur le fait que la construction d’un nouvel échangeur sur l’E411 à Bierges serait une nécessité.

L’opposition wavrienne (Ecolo et cdH) n’a jamais caché que le projet qui lui avait été présenté n’était pas idéal, notamment parce qu’il allait mettre en péril une zone Natura 2000. Comme le permis a été octroyé, les nombreux opposants, riverains et associations environnementales, ne sont pas restées sans réaction. Alors que les autorités communales wavriennes ont toujours soutenu le projet de contournement, la commune de Grez-Doiceau y a toujours été farouchement opposée. Et le changement de majorité à la tête de la commune a encore renforcé cette opposition. Le 27 juin, la commune de Grez-Doiceau déposait un recours auConseil d’état. Le gouvernement wallon, alors en affaires courantes, et en particulier le ministre de l’Aménagement du Territoire, Carlo Di Antonio (cdH) devaient normalement prendre une décision quant à ce permis. Pour que le ministre puisse le faire, il devait recevoir l’avis de l’administration sur la question, dans les 65 jours qui suivait le recours. Dans certains cas, ce délai peut aller jusqu’à 95 jours. Ensuite, le ministre a 30 jours pour prendre une décision. Avec les vacances, les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement wallon, finalement mis en place le vendredi 13 septembre, le permis n’est donc toujours pas définitif.

Chaîne humaine le 13 octobre

Christophe Lejeune (Ecolo) analyse les derniers éléments qui sont intervenus dans ce dossier : 

« Nous nous réjouissons que l’accord du nouveau gouvernement wallon ne permette pas la mise en place de nouveaux projets routiers. Nous devons cependant constater que le contournement Nord n’est pas remis en question dans cet accord car le permis a été accordé au mois de mai. Pour l’instant, un recours déposé par la commune de Grez-Doiceau suspend le démarrage de cette route. Le nouveau ministre, Willy Borsus (MR), devra statuer sur le recours avant mi – novembre. Sa position sera uniquement basée sur le contenu du recours. On sait que la suppression de ce projet a été un des objets des dernières négociations pour la formation du gouvernement wallon et qu’Ecolo s’est prononcé contre celui-ci. Les autres partenaires du nouveau gouvernement wallon ont fait beaucoup d’efforts sur le dossier des routes en général mais n’ont pas voulu lâcher le contournement de Wavre. Ecolo Wavre est donc plus que jamais déterminé à faire échouer ce projet qui n’aura que des conséquences néfastes pour l’environnement et le paysage wavrien et qui, en plus, ne réglera d’aucune manière les problèmes de mobilité. » 

Ecolo Wavre a donc décidé de soutenir toutes les initiatives citoyennes contre ce projet. Un grand rendez-vous pour faire une grande chaîne humaine est programmé le 13 octobre, avec en plus, la création du « NO Way » Festival dont les têtes d’affiche seront Ostara, Big Horse, Maya, Lucie-Valentine et KONOBA.

Il est bon de noter que si Willy Borsus, nouveau ministre en charge de l’aménagement du territoire, accorde le permis, un autre recours pourrait être déposé au Conseil d’état, par le collectif des associations opposées au projet. Si c’est le cas, ce serait en novembre. Et on repartirait donc pour un tour… Mais si entretemps, le nouveau ministre venait à casser le permis, et donc donnait raison à la commune de Grez-Doiceau, une nouvelle demande de permis devrait donc suivre à nouveau tout le cheminement administratif. Et vu  les lenteurs de l’administration, on l’a compris, que le permis soit accordé ou pas, les travaux du contournement nord ne sont  vraiment pas près de commencer…

Et comme disait Maurice…

Compte tenu des impacts du projet du contournement nord sur le milieu naturel et les paysages, une dizaine d’associations, dont Natagora, se sont associées au sein de la Plate-forme contre le Contournement Nord de Wavre (CNW) (http://lescontournementsroutiers.be). Cette plate-forme propose des alternatives à ce projet dont l’étude d’incidence sur l’environnement a démontré que ce projet aurait des impacts négatifs très importants sur les milieux traversés et les espèces protégées, mais aussi sur le paysage et les sites d’intérêt patrimonial. En effet, le projet traverse l’une des zones de la Vallée de la Dyle les mieux préservées de l’urbanisation, aux confins des communes de Wavre et de Grez-Doiceau. L’étude d’incidences a pourtant identifié plusieurs alternatives à ce projet de contournement. Elles sont réalistes et moins coûteuses, et permettent de répondre aux problèmes de mobilité. Il s’agit notamment du réaménagement des infrastructures routières existantes, dont la sortie Bierges (la sortie N°5) sur la E411, et du développement d’une mobilité alternative. On peut imaginer que le développement de parkings de dissuasion voire de covoiturage le long de l’autoroute E411 en combinaison avec des navettes de bus renforcées, pour permettre de faciliter l’accès aux entreprises du zoning Nord, semble aussi être une solution dont les avantages pourraient être nombreux et cela tout en préservant cette partie de la vallée de la Dyle, encensée par la poète Maurice Carême dans un de ses poèmes dont il nous semble judicieux de vous rappeler les deux premières strophes : « A Grez-Doiceau, ah ! que d’oiseaux ! A Dion-le-Mont, ah ! que de joncs ! Et quelquefois cela me navre. Moi qui suis né à Wavre. Non que Wavre n’ait pas d’oiseaux, Non que Wavre n’ait pas de joncs, mais elle les traite de haut. Les laissant dans ses fonds… »