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Michel Poncelet :  «On devrait revisiter le jeu tous les jours»

Michel Poncelet : «On devrait revisiter le jeu tous les jours»

Entre le théâtre des galeries, les tournées et la préparation de Fracasse, très prochainement à Villers-La-Ville, Michel Poncelet assure la mise en scène de cette 10e édition du jeu.

«J’ai la chance d’avoir déjà tenu le rôle du Maca mais aussi d’avoir monté de nombreuses pièces avec les troupes amateurs de Wavre. Je ne suis donc pas en terre incognita. Lorsqu’on m’a appelé, je ne pouvais pas et je ne voulais pas refuser la proposition.»

Le casting lui a permis de déjà donner sa première vision du jeu qu’il voulait proposer. Un premier jet qui en une année a évidemment connu de nombreux aménagements. De réunions en répétitions, de répétitions en réunions de travail, Michel Poncelet vogue d’un endroit à l’autre avec le même bonheur.

«Les comédiens, la foule, les danseurs, les choristes…J’ai envie de la chouchouter. Je veux que tout ce petit monde soit heureux et prenne beaucoup de plaisir dans cette aventure. Je veux vraiment que tout le monde soit la vedette de ce jeu 2017.»

A quelques jours de la grande première, Michel Poncelet ne lâche plus son script. Celui du spectacle. Il y a noté toutes les propositions, tous les aménagements, les petites saynètes qui viendront se rajouter au livret original du jeu. Un livret qui est évidemment son livre de chevet depuis plus d’un an.

«C’est un livret. Ce n’est pas une pièce de théâtre. Il n’y a pas grand chose dedans. On y raconte une histoire. Cela laisse donc la place à plein d’interprétations. À force de lire et relire ce livret, j’ai rapidement eu l’idée de faire de la foule le personnage central de ce jeu 2017. Cette foule. Cette rumeur qui vient de la foule. Finalement, c’est tellement actuel. Il y a deux tonalités distinctes. Celle qui est politique qui vient du tumulte de la foule et celle plus magique qui apporte une candeur nécessaire au jeu. Le sujet du jeu est quand même grave, il nous parle de la misère. C’est une période très difficile pour le peuple, la foule.»

Pour confronter le public à cette réalité, Michel Poncelet l’invitera à remonter le temps. «Pour essayer de comprendre ce qui se passe et puis naturellement on l’emmène vers la remise de la charte. Finalement, ce combat a lieu tous les jours. C’est chaque jour qu’il faut se battre pour ses libertés et ce petit combat c’est un jeu. Finalement, le Jeu de Jean et Alice on devrait la revisiter tous les jours.»

Michel Poncelet s’est investi à corps perdu dans cette mise en scène. D’une manière qui lui est propre. «J’aurais pu envisager la chose comme un dictateur et dire voilà c’est comme cela et pas autrement. Cela je ne le voulais pas. J’ai ouvert les portes. Je voulais vraiment que les autres protagonistes du jeu nourrissent la mise en scène. Soyons créatifs a toujours été mon mot d’ordre. On s’est amusé à créer tous les jours.Il y a eu des idées plus ou moins folles. Toutes ont été prises en compte. Cependant, mon job c’est de tout cadrer enfin d’encadrer cela…»

Michel Poncelet doit cependant faire face à des contraintes qu’il ne rencontre pas forcément dans son métier d’acteur. «Avec tout ce qu’on a rajouté, nous ne sommes pas loin des quatre heures trente. C’est un peu long mais c’est à moi de gérer le timing. Je rassure tout le monde on arrivera bien à la remise de la charte. J’ai aussi dû faire face à la contrainte budgétaire. Au début, Frédéric Vaessen m’a dit : « Propose nous du rêve ». C’est ce que j’ai fait. Et puis, on a bien dû se rendre compte que certains rêves ne sont pas toujours accessibles. On a donc eu recours au plan B, au plan C voire  au plan D. En général, dans mon métier, je ne rencontre jamais cette contrainte. Il a donc fallu être doublement voire triplement créatif.»

Et dans un canevas financier aussi précis, Michel Poncelet a réussi à bousculer les codes du jeu. Ainsi Jean et Alice ont été rajeunis. Un prologue a été rajouté avant le prologue… Michel Poncelet n’en dira pas plus et réserve la surprise pour la première représentation… «Je ne revisite pas le jeu. Toute la troupe veut vraiment faire rêver le public. Bien sûr, il y aura de la modernité, des effets spéciaux, un autre regard, on y a mis du cœur et de l’enthousiasme, parfois, on a pris des risques. Et ce sera beau…»

Pascal Jassogne