Accueil » Divers » Macattitude : Pilier de la vie culturelle et touristique, Françoise Detienne prendra congé des Macas en février
Macattitude : Pilier de la vie culturelle et touristique, Françoise  Detienne prendra congé des Macas en février

Macattitude : Pilier de la vie culturelle et touristique, Françoise Detienne prendra congé des Macas en février

Placées sous le thème de l’insolite, les Journées du Patrimoine des 8 et 9 septembre se résumeront à Wavre à des visites du carillon de l’Eglise Saint-Jean-Baptiste. Un programme plutôt maigrelet pour une ville qui ne manque pas de lieux sortant de l’ordinaire. On pense notamment ici à la Maison tournante, construite au Bois de la Pierre par François Massau et inaugurée en avril 1958 lors de l’ouverture de l’Exposition universelle de Bruxelles. Offrant en permanence des rayons de soleil à ses occupants, cette maison orientable fut la première au monde à tourner sans devoir faire demi-tour. Sa propriétaire Dominique Quinet n’a plus souhaité l’ouvrir au public cette année tant les visiteurs avaient été nombreux à s’y rendre en 2014 à l’occasion de l’opération « Wallonie Bienvenue ».

Wavre est également connue en Belgique par son exposition annuelle des collections insolites créée en 1986 par Dominique Pierre et Guy Otten. Parmi toutes les manifestations mises sur pied par le Syndicat d’Initiative (S.I.), c’est celle qui a la préférence de sa secrétaire, Françoise Detienne. Ce qui n’a rien d’étonnant lorsqu’on connaît sa passion pour les collections. 

« La première, se souvient-elle avec émotion, m’a été inspirée par mon père qui, à son retour de captivité, possédait deux mini-dictionnaires qu’il avait utilisés pour comprendre la langue allemande. J’ai été touchée par cette histoire et j’ai commencé à collectionner des livres lilliputiens. J’en ai environ 300. Puis, ce fut des vaches en noir et blanc, des fèves des galettes de rois (plus de 5.000 !), des petites cuillères à sel (200) et à présent des crayons de préférence à mine noire… »  

Plus de 1.000 collections ont déjà été présentées au Château de l’Ermitage. Celles qui ont le plus marqué Françoise Detienne ? « Des tabatières ainsi que des chaperons de faucons dont certains étaient décorés de pierres précieuses. Fabuleux !, s’exclame la secrétaire du S.I. qui a participé à sa dernière exposition cette année. En février, elle prendra,  en effet, sa retraite. 

« Jusqu’à une centaine de messages par jour avec le metteur en scène du Jeu… »

Même si elle habite rue Provinciale à Bierges, très près de la rue de Nivelles qui, elle, se trouve sur Wavre, Françoise Detienne est une Maca pur sang. Elle fit ses études au Lycée royal qui abrite aujourd’hui l’Académie de musique. Fidèle en amitié, elle a encore des contacts très réguliers avec d’anciennes copines de classe comme Françoise Van Lierde, Dominique Denamur, Anne-Marie Laurent, Michèle Simoens et Chantal Semaille. Professionnellement aussi, elle a fait preuve d’une grande stabilité puisqu’elle n’a connu que deux employeurs en 47 ans de carrière : 13 dans un labo d’analyses biologiques et 34 comme employée à la Ville de Wavre. 

« L’offre à laquelle j’ai répondu à l’époque mentionnait un  emploi pour les cartes d’identité…, sourit-elle. Finalement, je me suis retrouvée dans un  bureau de l’Hôtel de Ville comme secrétaire du Syndicat d’Initiative. L’endroit était tellement minuscule que le président Marcel Godfroid et moi-même avions toutes les peines du monde à nous y tenir à deux ! »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Françoise Detienne a démarré sa fonction communale sur les chapeaux de roues. Dès son engagement le 1er avril 1986, parallèlement à une formation à l’accueil et au tourisme, elle a été chargée par le bourgmestre Charles Aubecq de dresser un répertoire des sociétés de l’entité – « j’ai consulté l’annuaire téléphonique  page par page… » — pour le premier cocktail-rencontre des entrepreneurs en septembre de la même année. Elle embraya ensuite avec les préparatifs du Jeu de Jean et Alice repris en 1987 après une interruption de 15 ans. A chacune des éditions suivantes, elle fut constamment sur la brèche pour régler une foule de choses. 

Et de citer, pêle-mêle, « le programme des répétitions, l’envoi des invitations, la restauration des participants avec les bénévoles du S.I., la réservation des selles des amazones et des toilettes publiques pour les acteurs sur le site du Jeu… » Sans compter les multiples messages échangés avec le metteur en scène : « Jusqu’à une centaine par jour ! »

Guider des touristes pour promouvoir le patrimoine Maca 

D’autres manifestations mobilisent le Syndicat d’Initiative comme le carnaval, les expositions et les biennales de sculpture et de peinture au Château de l’Ermitage dont la gestion de l’occupation est assurée par Françoise Detienne. Celle-ci a également en charge l’agenda communal des manifestations, la partie culturelle du Bonjour Wavre ainsi que la récolte de la documentation touristique de l’ensemble des provinces belges. 

« J’ai adoré cette diversité dans mon travail même si j’ai parfois été considérée comme la  bonne à tout faire, dit-elle avec son franc-parler habituel. Je voudrais aussi remercier le président Frédéric Vaessen ainsi que mon équipe de bénévoles. Il fut une époque où nous préparions un millier de toasts à chaque vernissage ! »

La future pensionnée a toujours défendu avec becs et ongles le patrimoine local. 

« Dans l’ancien couvent des Carmes chaussés, transformé en Hôtel de Ville, se trouve la salle de réunion du Collège communal. J’avais écrit au Vatican pour connaître les couleurs officielles du blason accroché au mur. Des petits pots de couleur nous ont été envoyés par le Vatican et le travail de peinture fut alors réalisé ; le blason était magnifique jusqu’au jour où la salle fut rénovée. Une nouvelle peinture fut apposée partout, y compris sur le blason… J’en aurais pleuré ! », raconte Françoise Detienne qui, en revanche, conserve un souvenir ému de la fonte de la cloche Alberte aux Pays-Bas en 2003. Cet attachement au patrimoine la poussera sans doute à servir de guide touristique à l’heure de la retraite. 

La secrétaire du S.I. est à ce point connue et appréciée des visiteurs que la plupart d’entre eux la saluent en l’appelant simplement Françoise. Sauf, bien sûr, ceux qui, cherchant leur syndicat, sont mal renseignés par des passants…

Françoise, dont le fils, David (34 ans), est régisseur son et lumière, a une petite-fille, Emilie (3 ans). La naissance d’un petit-fils est prévue en janvier. 

« Ce sera le plus beau cadeau pour mon anniversaire et mon départ à la retraite… »