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La lutte contre les herbes folles est venue troubler la quiétude de nos cimetières

La lutte contre les herbes folles est venue troubler la quiétude de nos cimetières

Intensification des efforts pour l’entretien des cimetières suite à l’interdiction des herbicides, inventaire des tombes, construction de nouveaux caveaux, rénovation des sépultures des anciens combattants… : la Ville a pris plusieurs initiatives pour s’adapter aux nouvelles réglementations et répondre aux besoins des cinq cimetières de l’entité.

En cette période de la Toussaint, nous avons fait le point avec Freddy Quibus, doublement en charge de cette matière en tant qu’échevin des Travaux et de l’Etat civil. Le Limalois aura 70 ans l’an prochain et a manifesté son intention de mettre fin à sa carrière de mandataire communal, longue de 30 ans dont 24 comme échevin.

 INFO : A Wavre comme ailleurs, les herbes folles ont envahi les cimetières suite à l’interdiction d’utiliser des herbicides. Cette situation a suscité plusieurs réactions d’indignation de la part d’habitants. Comment avez-vous fait face à ce problème ?

F. Quibus : Cette année, nous avons consacré plus de 150.000 euros à l’achat de matériel (engins mécaniques, désherbeurs thermiques…) pour éliminer les mauvaises herbes qui avaient envahi nos cimetières dont la superficie totale est d’un peu plus de 9 hectares. Nous avons également engagé trois ouvriers communaux spécialement affectés à l’entretien des espaces verts. C’est un travail de longue haleine quand on sait que, là où autrefois une seule pulvérisation d’herbicide suffisait sur l’année, aujourd’hui il faut de quatre à six passages par an pour arriver au même résultat.

L’entretien des tombes et de leurs abords est à charge des familles. Comment s’acquittent-elles de cette obligation ?

On constate que les gens sont de plus en plus négligents. Avec, comme conséquence, que plus de 50% des tombes sont entretenues par notre personnel. Elles sont nombreuses les familles à faire… le mort lorsque nous leur envoyons un rappel et certaines ont le culot de se manifester avec des reproches lorsqu’elles ne sont pas d’accord avec le travail que nous avons fait à leur place !

Davantage d’inhumations que de crémations

Une recrudescence des vols de métaux a été enregistrée ces derniers temps dans les cimetières. Avez-vous pris des mesures pour endiguer ces méfaits ?

Ces vols ne sont pas constants mais apparaissent plutôt par vagues. Sur le site officiel de la Ville, des conseils de prévention sont donnés aux citoyens comme par exemple de faire marquer les objets en bronze et en cuivre, de prendre des photos des objets de valeur sur et autour des tombes ou encore de prendre contact avec la police si des comportements suspects sont observés dans ou aux abords des cimetières. Vu la taille de ceux-ci, il n’est pas imaginable, du moins aujourd’hui, de placer des caméras de surveillance. Cela coûterait trop cher. Mais peut-être qu’un jour, nous y serons contraints. Quant aux actes de vandalisme, ils surviennent de temps à autre comme à l’ancien cimetière de Limal où des jeunes ont commis des dégradations sur une dizaine de tombes.

L’an dernier, la Ville a fait construire 426 caveaux (60 individuels, 262 doubles et 104 triples) dans le cimetière de Wavre. Quel en fut le coût ? Cette extension était-elle urgente ou répondait-elle à une volonté d’anticipation ?

On a surtout voulu anticiper les besoins pour les vingt prochaines années et ne pas tomber à court de place. Il est vrai que des tombes abandonnées vont disparaître mais on ne sait pas encore dans combien de temps. D’où la construction de ces 426 caveaux d’un coût total de 328.000 euros (hors TVA).

Où en est-on dans l’inventaire des tombes imposé par la Région wallonne visant à conserver les tombes présentant un intérêt patrimonial  et à supprimer celles qui ne sont plus entretenues par les familles ?

L’inventaire est terminé pour les cinq cimetières et une centaine de tombes vont en principe être enlevées. Cela dit, aucune date n’a encore été fixée pour leur désaffectation. Chaque année, au moment de la Toussaint, un avis est placé, à l’attention des familles, sur les tombes non entretenues. Le sujet est sensible et il faut faire preuve de prudence et de respect.

Sept Belges sur dix se font incinérer. Cette pratique concerne surtout les Flamands, l’inhumation étant encore majoritairement demandée  en Wallonie. Partagez-vous ce constat pour l’entité de Wavre ?

Effectivement, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2016, on a enregistré 160 inhumations et 83 crémations. Soit le double d’inhumations.

Quelle évolution constatez-vous dans les déclarations anticipées d’euthanasie et de don d’organes ?

Pour les déclarations anticipées d’euthanasie, on en a reçu 63 en 2016 et on en était à 41 au début octobre. Ce sera donc sans doute un statu quo. En revanche, pour les dons d’organes, on constate une augmentation du nombre de personnes qui s’inscrivent comme donneurs d’organes sans que la famille ne puisse s’y opposer à leur mort. En 2016, on en comptait 66 et au début octobre, on en était déjà à 69.

Quel est le budget de la Ville consacré aux cimetières et combien de personnes y sont-elles occupées ?

Bon an, mal an, le budget est en moyenne de 240.000 euros mais il n’inclut pas le personnel. Celui-ci comprend 6 travailleurs à temps plein : 3 fossoyeurs et 3 ouvriers chargés de l’entretien des espaces verts. Pour chaque inhumation, il faut compter en plus 2 hommes dont le travail consiste à creuser et recouvrir la cavité abritant le cercueil.

Des souvenirs marquants ? Des demandes farfelues ?

Je me souviens de l’émoi qu’avait causé le vol du Christ au calvaire de l’ancien cimetière de Limal. Cette statue valait beaucoup plus que le métal dont elle était faite. Elle avait une valeur de patrimoine pour la communauté locale. En cela, ce vol d’iconoclastes a touché tout le monde, croyants comme non-croyants. Au rayon des demandes farfelues, j’ai en mémoire la requête d’une famille qui voulait faire exhumer ses défunts enterrés dans plusieurs lieux. Et ce pour les rassembler dans un unique cimetière de manière à n’en visiter qu’un seul à la Toussaint… Quand on a précisé à ces gens qu’une exhumation à Wavre coûtait 1.250 euros, ils ont retiré leur demande !

Article2.2

Philippe Pierre