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PATRIMOINE : Le Grand Tour

PATRIMOINE : Le Grand Tour

Le «Grand Tour de Notre-Dame de Basse-Wavre» a été instauré au début du 16e siècle par les moines bénédictins de Basse-Wavre, dont le monastère dépendait d’Afllighem. Cette manifestation de piété mariale s’est maintenue à travers les siècles malgré les guerres et les remous de la Révolution française. Ce «Grand Tour» pénitentiel, long de 7 km 800, s’effectue principalement le samedi et le dimanche dans l’octave de la saint Jean-Baptiste, dont la célébration de la fête a lieu le 24 juin. Il peut s’effectuer seul ou en groupe de jour comme de nuit, à pied ou à cheval. Une description détaillée date de 1645 mais il est bien certain que le «Grand Tour» existait déjà, d’une manière ou d’une autre, avant cette époque.

L’itinéraire
La basilique de Notre-Dame de Basse-Wavre constitue le point de départ du «Grand Tour». Après avoir quitté le sanctuaire marial, les pèlerins empruntent la rue du Calvaire, Traversent la Dyle et obliquent à droite par la rue du Rivage pour atteindre la place Polydore Beaufaux. Sur cette place se trouve la première chapelle du Grand Tour. Elle est dédiée à saint Job et accolée au pignon de l’ancienne maison Orval.

La marche se poursuit par la traversée de la chaussée de Louvain, l’avenue saint Job, l’avenue de la Bruyère saint Job, la Voie de la Procession aux reliques. La marche se poursuit à travers champs et prés, pénètre dans le Bois du Tour atteint l’avenue de la chapelle Robyns, traverse la chaussée Wavre-Perwez. Elle emprunte ensuite la venelle du Vieux Bon Dieu de Pitié. On se dirige ensuite vers le hameau de Louvranges, on traverse le chemin de Vieusart pour pénétrer dans la venelle de Terlongval puis on rejoint la route de Perwez que l’on emprunte jusqu’au carrefour des chaussées de Perwez et de Namur. Par la rue de Namur, la place du Sablon (Alphonse Bosch), la rue du Pont du Christ et la rue du Commerce on arrive à l’église décanale Saint Jean-Baptiste. Après un bref arrêt, les pèlerins poursuivent leur marche par la rue de Bruxelles, la rue saint-Roch, la rue Jh. Joppart, l’Herbatte. Le «Grand Tour» est prêt de s’achever, revenant par la rue du Tilleul et l’avenue Notre-Dame de Basse-Wavre.

Tout au long du parcours se dressent des chapelles ou des oratoires plus ou moins importants devant lesquels les pèlerins récitent quelques prières.

Le «Grand Tour» Officiel
Dimanche, après la messe de 8h00, célébrée dans le sanctuaire de Notre-Dame de Basse-Wavre, un «Grand Tour» officiel parcourt l’itinéraire déjà décrit.

Devant la croix qui ouvre la marche, un cavalier habillé de blanc, monté sur un cheval blanc, prend place. Ce cavalier constitue le dernier souvenir des serments de Basse-Wavre. La sainte châsse de Notre-Dame de basse-Wavre prend part à ce Grand Tour. Elle est portée par quatre pèlerins qui se relaient à plusieurs reprises au cours de la marche. Cette châsse contient de très nombreuses reliques de saints des premiers temps de l’Eglise mais aussi de saints plus modernes tels que sainte Maria Goretti, le saint Père Damien, le saint Frère Mutien-Marie…

Le doyen des pèlerins revêtu d’un surplis blanc porte sur l’épaule une sorte de sceptre en ébène avec garniture d’argent. Il veille à la bonne ordonnance de la procession. Plusieurs enfants costumés évoquent des saints modernes et portent des bannières reproduisant l’effigie de ces saints.

Le «Wastia»
A l’arrivée au bas de la rue de Namur, un  grand pain est offert aux pèlerins. Après avoir été béni, ce pain est emporté sur un magnifique plat en dinanderie qu’un pèlerin, revêtu d’un surplis blanc, porte sur la tête, à la manière d’un trophée. Le pain est garni de fleurs. Il prend alors le nom de «Wastia» (gastia-gâteau). Le «Wastia» était payé par une redevance de la valeur de 25 kg de blanc grain que devaient solder, conformément au bail, les locataires de deux maisons situées, la première à l’angle de la rue de Namur et de la rue Sainte-Reine, la deuxième étant la suivante dans la rue de Namur.

Autrefois confectionné d’une seule pièce, ce pain se présente aujourd’hui, vu l’étroitesse des fours modernes, comme un pain de ménage volumineux, mais sur lequel on dispose quelques autres pains, afin d’atteindre le poids réglementaire.

Depuis plusieurs décennies, le Wastia est confectionné et offert par la pâtisserie Notre-Dame de Basse-Wavre. Il renferme deux sortes de pâte : de la pâte à pain pour la base et de la pâte sandwich pour les petits pains qui l’entourent. Pour le pain de base on utilise 7,5 Kg de farine et 7,5 Kg de pâte sandwich pour les petits pains. Au total, le «Wastia» pèse 15 Kg auxquels il y a lieu d’ajouter les quelques grammes que pèsent les fleurs qui le garnissent. Ce gâteau est découpé et distribue aux pèlerins à Basse-Wavre après le retour de la procession. On reporte ce pain à la maison. Il protège de la rage et du malheur.

Après la distribution du Wastia, les pèlerins sont accueillis dans une salle paroissiale pour s’y restaurer et s’y désaltérer.

Personne ne se quitte sans s’être adressé, en toute simplicité, un souhait traditionnel «A l’année qui vient, sans malheur !».