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Et pourquoi ne pas jouer le Jeu plus souvent ?

Et pourquoi ne pas jouer le Jeu plus souvent ?

Si un parcours d’intégration était instauré pour tout nouvel arrivant à Wavre, belge ou non, il y a fort à parier que sa participation au Jeu de Jean et Alice en serait une des étapes obligatoires… Question de ne plus être un étranger dans sa ville d’adoption et de respecter ses traditions.

Une proposition farfelue et irréaliste, certes, mais pas dénuée de fondement. Car ils sont  nombreux ceux qui ont trouvé dans ce spectacle collectif  l’occasion de nouer des contacts étroits, voire, pour certains, de créer des véritables liens d’amitié. Bref, l’occasion de s’intégrer.

«Le Jeu se révèle à la fois fédérateur et créateur d’identité», dit Marcel Godfroid, ancien président du Syndicat d’initiative, qui, avec son comparse Norbert Patiny, relança cette manifestation en 1987 après une parenthèse de 15 ans. Depuis sa création en 1954, le Jeu a donné naissance à des institutions et associations toujours actives aujourd’hui. On pense ici, notamment, à l’Académie de Musique, à l’Ouvroir (atelier de couture), à la troupe théâtrale « Le Rideau Vert », à la compagnie de danses folkloriques « La Saltarelle » ou encore à la Confrérie du Stofé.

Un habitant sur septante participe au Jeu

A chaque édition, le Jeu mobilise un demi-millier de bénévoles, soit un habitant sur septante. C’est dire l’attachement de bon nombre de Wavriens à ce joyau du patrimoine local. Ils ont plaisir à se revoir pour préparer un nouveau spectacle où règne une convivialité qui fait chaud au cœur. L’essayage des costumes – tous faits maison – est un des moments de franche rigolade où chacun se moque gentiment de son voisin dans le plus pur esprit du Maca. Les différences sociales sont gommées par ces habits d’un autre âge et il n’est pas rare de voir un bourgeois endosser une tenue de manant et un prolétaire revêtir un costume de seigneur. C’est le miracle du Jeu !

Mais pourquoi attendre 5 ans avant  le Jeu suivant ? Dans l’euphorie de la clôture, en 2012, le bourgmestre Charles Michel avait donné rendez-vous dans 3 ans aux participants. «Ce n’est pas réaliste. Il ne se rend pas compte du temps et de l’énergie que cela demande !», nous avait confié à l’époque un des responsables du spectacle. Et il est vrai que l’entreprise est gigantesque. Pour la faire aboutir, plusieurs éléments, et non des moindres, doivent être pris en compte : le financement, le recrutement, la mise en scène, la direction musicale, la régie générale, les costumes, la tribune, le son et lumière, le décor, la scénographie, le secrétariat, la promotion, le sponsoring, la trésorerie, la vente des billets…

Maintenir un espace de 5 ans entre deux éditions peut aussi s’expliquer pour d’autres raisons : le coût élevé, la difficulté de rassembler plus souvent autant de participants, le risque d’essoufflement en cas de spectacles plus rapprochés…

Convaincre les bénévoles et professionnaliser l’organisation

Il n’empêche que jouer le Jeu de manière plus fréquente contribuerait à renforcer l’attractivité touristique de Wavre. La cité du Maca manque d’atouts dans ce domaine et est connue à  l’extérieur principalement par Walibi dont les retombées commerciales, financières et autres sont  cependant peu nombreuses pour l’entité. Réduire la périodicité du Jeu supposerait des moyens humains et financiers plus importants. Mais avant toute chose, il faudrait obtenir l’assentiment à cette formule de la part des centaines de bénévoles. Sans eux, le nouveau projet serait d’office voué à l’échec. L’organisation, elle,  devrait se professionnaliser davantage pour permettre de respecter les échéances. Autour du Jeu, des animations pourraient être mises en place sur le thème du Moyen Âge pour offrir un programme plus étoffé aux visiteurs d’un jour.

Serait-ce utopique de jouer le Jeu par exemple tous les 2 ans ? Les sceptiques seraient nombreux à crier au feu. Et pourtant, il existe des spectacles historiques qui mobilisent une foule énorme de bénévoles et qui ont lieu chaque année. Il faut sans doute être un peu fou pour se lancer dans pareille aventure. Fous comme le sont les Français du… Puy du Fou  qui font revivre annuellement, dans un spectacle grandiose, le passé de leur Vendée natale…

Philippe Pierre