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DOSSIER SPECIAL : L’emploi en Barbant Wallon

DOSSIER SPECIAL : L’emploi en Barbant Wallon

Une légère embellie

Depuis la mi-2013, des indicateurs montrent une tendance à une amélioration de la situation économique dans notre pays après les années difficiles de 2009 à 2012. Ces indicateurs sont : une légère croissance du PIB (Produit intérieur brut), une diminution du chômage temporaire et un regain de confiance des chefs d’entreprise et de l’activité intérimaire.

Un autre indicateur est la hausse des offres d’emploi proposées par les organismes de placement régionaux, dont le Forem Brabant wallon. Ce dernier a dressé pour nous un tableau détaillé de données statistiques (emploi, chômage, population…) relatives à Wavre et à l’ensemble de la province. On y trouve les chiffres les plus récents dans chaque secteur. Quant à la comparaison dans le temps, elle porte sur une durée de cinq ans.

Un constat : le marché de l’emploi se porte mieux chez nous qu’ailleurs en Wallonie. Ce tableau a été réalisé par Christine Dalla Valle, analyste du marché de l’emploi et de la formation, au Forem Brabant wallon. Elle nous l’a commenté en compagnie du directeur, Jean-François Birchall, et de la chargée de communication, Florence Delhove.Le taux d’emploi diminue : pour la période 2011-2013, on constate une diminution du taux d’emploi en Brabant wallon (de 61,3% à 61,0%), inférieure toutefois à celle enregistrée en Wallonie (de 57,2% à 56,5%). Dans notre province, le taux d’emploi masculin est supérieur au taux féminin même si on relève une participation grandissante à l’emploi des femmes et des seniors.

A Wavre, en 2011-2013, le taux d’emploi était de 60,4%, soit 12.985 actifs occupés et 21.515 en âge de travailler. Ce taux était légèrement inférieur à celui du Brabant wallon (61%).

Le dynamisme de Wavre 

Postes salariés en augmentation : entre 2008 et 2013, la hausse de l’emploi salarié (+ 6,2%) en Brabant wallon a été plus marquée qu’en Wallonie (+ 1,7%). Sur les quelque 122.000 postes de travail salarié dans notre province recensés fin 2013, Wavre montrait son dynamisme avec plus de 21.000 postes, soit 17%. La cité du Maca enregistrait cette année-là une progression de plus de 10% par rapport à 2009, soit le double de l’augmentation en Brabant wallon.

A Wavre, les postes de travail se répartissaient de la manière suivante : 65% d’employés, 28% d’ouvriers et 7% de fonctionnaires. Quant aux 1.410 entreprises, 94% appartenaient au secteur privé : 76,4% occupaient moins de dix travailleurs et 23% entre dix et deux cents.

Les secteurs clés : en Brabant wallon, près de sept postes de travail salarié sur dix se concentrent dans les six secteurs suivants : par ordre décroissant,  l’industrie manufacturière, le commerce, l’enseignement, la santé et l’action sociale, l’administration, les activités de services administratifs. L’industrie pharmaceutique est fort développée en Brabant wallon où sont localisés les trois-quarts des travailleurs du secteur (+ 17% d’emplois entre 2009 et 2013).

Christine Dalla Valle :

«D’autres secteurs représentent  un potentiel de développement, notamment l’information, la communication et l’horeca. Si l’industrie manufacturière reste le premier employeur du bassin, certaines branches de l’industrie sont en déclin au niveau de l’emploi : fabrication électrique, imprimerie…

La force et la fragilité des indépendants

Une terre d’indépendants : avec plus de 44.000 indépendants, le Brabant wallon occupe une place de choix sur le marché de l’emploi en Wallonie (16%). Dans notre province, les professions libérales sont en première position devant le commerce alors qu’ailleurs en Wallonie, cet ordre est inversé. Viennent ensuite : l’industrie et l’artisanat, l’agriculture et la pêche, et, enfin, les services. Entre 2010 et 2014, le pourcentage du nombre de nouveaux indépendants a augmenté de 9,5%. Et la plus forte progression concerne les personnes actives après leur pension (+ 38%) et celles qui exercent une activité à titre complémentaire (+ 14%).

Chiffres inquiétants pour les faillites : si le secteur des indépendants et des PME est important chez nous, il est aussi fort fragile ainsi le montrent les chiffres des faillites. A Wavre, en 2014, le nombre de faillites était en diminution (- 2,0%) par rapport à 2010 où la ville avait été touchée par la faillite de l’entreprise Mitra (perte de 220 emplois). Mais pour l’ensemble de la province, c’est une augmentation importante (+ 18%) du nombre de faillites qui été enregistrée par rapport à 2010. Une augmentation quasi semblable à celle de la Wallonie (+ 19%).

Taux de demande d’emploi : 10,4% en Brabant wallon contre 15% en Wallonie. Le Roman Pays de Brabant compte 18.198 demandeurs d’emploi inoccupés (DEI). Un bémol inquiétant : entre 2011 et 2015, le niveau de la demande d’emploi a augmenté plus vite en Brabant wallon qu’en Wallonie (+ 6% contre + 0,5%). Fin juin, on recensait 1.648 demandeurs d’emploi inoccupés à Wavre (hausse de 4,8% par rapport à 2011).

Leur profil moyen ? Christine Dalla Valle : «48% sont des hommes ; 16% ont moins de 25 ans et 29% plus de 50 ans ; 35% sont peu diplômés (maximum secondaire 2ème degré) et 26% sont issus du supérieur ; 35% sont des personnes inoccupées de longue durée (plus de 2 ans).»

Le top 10 des métiers les plus demandés

Un quart des offres d’emploi sur Wavre : la répartition géographique des offres d’emploi, comptabilisées entre janvier et août de cette année, indique clairement, qu’avec Louvain-la-Neuve, Wavre est le grand pôle économique du Brabant wallon. La cité du Maca représente en effet à elle seule 27,5% des offres d’emploi de la province. Voici le top 10 wavrien :

– équipier polyvalent de restauration

– aide-ménager

– opérateur d’attractions

– vendeur en produits utilitaires (outillage, bricolage, droguerie)

– magasinier

– employé administratif

– vendeur en alimentation générale

– délégué commercial en biens d’équipements professionnels

– mécanicien d’entretien de voitures particulières et de véhicules utilitaires légers

– électromécanicien

 

Un millier de personnes formées : par année, un millier de personnes domiciliées en Brabant wallon suivent une des 150 formations proposées par le Forem en Wallonie (www.leforem.be). Le Brabant wallon compte deux centres de formation : Nivelles et Tubize. En 2013, en Wallonie, le taux d’insertion à 12 mois des personnes ayant terminé leur formation dans un centre du Forem était de 66,99%. Il était près de 75% en Brabant wallon. En 2013, le top 10 des formations qui avaient le meilleur taux d’insertion à un an était le suivant pour la Wallonie :

– consultant en intérim

– vendeur en show-room

– opérateur de production/maintenancier

– conducteur d’autobus/car

– opérateur de production en industrie alimentaire

–  électricien-monteur-câbleur

–  conducteur d’engins de chantier

–  employé d’assurances

–  préparateur de commande

–  magasinier polyvalent

Outre trois bureaux de placement (Nivelles, Tubize et Wavre), le Forem compte six maisons de l’emploi, à Orp-Jauche, Perwez, Genappe, Ottignies-LLN, Rixensart et Waterloo.

Le directeur, Jean-François Birchall : «Cette décentralisation de nos activités est importante, notamment sur le plan de la proximité. Ce sont des lieux de contacts qui permettent aux demandeurs d’emploi de sortir de leur isolement. C’est le cas aussi des cellules de reconversion qui sont des actions collectives créant une dynamique de mouvement chez les personnes victimes d’un licenciement collectif.»

 

Des difficultés de recrutement

Peu de candidats pour certains emplois : dans les offres d’emploi en 2014, les «conseillers entreprises» du Forem ont épinglé des difficultés de recrutement pour certains emplois en Brabant wallon :

–  employé de ménage à domicile

–  cuisinier

–  chef de cuisine

–  attaché commercial en biens d’équipements professionnels

–  représentant à domicile

–  couvreur

–  électricien du bâtiment et des travaux publics (BTP)

– installateur d’équipements sanitaires et thermiques

–  mécanicien de maintenance

– maintenicien des systèmes thermiques, climatiques et frigorifiques

– ingénieur d’affaires

– chef de chantier du BTP

– conducteur de travaux du BTP

– opérateur call center

– formateur

– préparateur en pharmacie

– chauffeur de taxi

– soudeur

«Le problème de l’attractivité du travail manuel reste bien réel, constate Jean-François Birchall. L’an dernier, par exemple, le Collège technique Saint-Jean, à Wavre, a voulu lancer une formation de frigoriste mais il n’a pas pu le faire, faute d’un nombre suffisant de candidats. En revanche, dans le cadre d’un partenariat entre le Forem et la Province, huit jeunes ont débuté en septembre une formation de couvreur à Court-Saint-Etienne. Quand on voit les effets positifs d’une émission comme Top Chef, on se dit qu’il serait bon de multiplier ce type d’initiative pour faire évoluer les mentalités et casser l’image encore souvent négative de l’enseignement technique et professionnel.»