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DOSSIER SPECIAL : LE COEUR DE WAVRE  BAT-IL ENCORE ? – L’avis de Jacques Martin

DOSSIER SPECIAL : LE COEUR DE WAVRE BAT-IL ENCORE ? – L’avis de Jacques Martin

Jacques Martin a vécu un début d’année assez agité. L’ASBL Wavre Gestion Centre-Ville, qu’il préside, va cesser ses activités tandis qu’il a mis en vente son magasin Martin Sport, situé rue Haute. Non pas pour cause de mauvaises affaires mais pour s’implanter ailleurs,  là où il disposera d’un espace plus grand et, surtout, de places de parking en suffisance. «J’entretiens des centaines de paires de ski chaque année et le manque d’emplacements de parking indispose mes clients lorsqu’ils amènent ou reprennent leur matériel, explique-t-il. Ils sont souvent obligés de se garer sur le trottoir, ce qui gêne mes voisins. La situation est devenue intenable…»

Mais Jacques Martin ne tient pas à s’étendre sur son cas personnel. Ici, c’est en tant qu’ancien président de l’Association des commerçants de Wavre qu’il s’exprime sur l’état de santé de ce pan de l’économie locale.

L’INFO : 

Les commerçants wavriens n’ont-ils pas négligé l’arrivée de l’Esplanade, ouverte depuis 2005 à Louvain-la-Neuve ?

«Les responsables politiques avaient mis en garde les commerçants concernant la concurrence de cette galerie commerciale mais ceux-ci, forts de leur suprématie, ont cru que rien ne pouvait leur arriver. Ils le croyaient d’autant plus que dans les premières années de l’Esplanade, les enquêtes basées sur les flux de piétons et les indices de satisfaction des chalands montraient une stabilité de la situation. Mais depuis deux ans, on sent les effets de cette concurrence : le nombre de cellules vides a augmenté  et les chalands sont moins nombreux et plus âgés. La jeunesse a quitté Wavre…»

L’INFO : 

Vous comparez Wavre et Louvain-la-Neuve à deux mariées avec des atouts différents… 

«Louvain-la-Neuve est une jeune et belle mariée, chaude l’hiver et fraîche l’été. Ses atouts sont le centre piétonnier, la diversité de ses magasins et le confort de ses parkings. Wavre, elle, est une mariée plus âgée qui a encore de quoi séduire grâce à la qualité de ses commerces mais dont le nombre de bijoux a diminué. De plus, elle souffre d’une concurrence commerciale en périphérie qui est la plus élevée du pays. Un autre élément défavorable mais qui, lui, est général, provient du commerce en ligne. Cette concurrence nous force à adapter nos prix si nous voulons survivre.»

L’INFO : 

L’individualisme de certains commerçants n’est-il pas également un handicap ?

«Ce n’est pas propre à Wavre mais il est évident que ce facteur dessert notre commerce local. Il y a chez certains indépendants un manque d’adhésion aux projets et animations de notre association. Mais nous ne pouvons rien y faire. La Ville non plus. Elle joue son rôle dans plusieurs domaines, notamment en  matière d’animations avec, par exemple, l’Art du commerce ou encore la Saint-Nicolas qui est toujours de grande qualité. Toutefois, elle n’a pas les clés pour gérer les commerces comme Devimo à l’Esplanade qui est chargé de gérer et de faire respecter le règlement général de la galerie par les différentes enseignes.»

L’INFO : 

Selon d’aucuns, l’offre en parkings ne serait pas suffisante. Qu’en pensez-vous ?

«Je ne partage pas cet avis. Le nombre de parkings est suffisant même s’ils sont dispersés. La signalétique est bien faite. La Gestion Centre-Ville a comptabilisé les temps de parcours à pied entre les différents parkings et la rue du Commerce dans le centre-ville. Ces temps oscillaient entre trois et sept minutes, ce qui est dérisoire. En fait, beaucoup de gens ne sont plus patients et rechignent à marcher. Comme le disait mon père, ils veulent entrer avec leur voiture dans le magasin !»

L’INFO : 

L’enquête des spécialistes des centres-villes (l’AMCV) montre que Wavre a besoin d’une enseigne porteuse, de plus de 500 mètres carrés, pour doper son commerce dans le centre.

«C’est le monde à l’envers ! Voici vingt ans, c’était les magasins spécialisés du centre-ville qui attiraient les grandes enseignes. Et aujourd’hui, ce serait l’inverse ? Mon avis est réservé sur la nécessité d’une locomotive dans le centre-ville. En revanche, outre la qualité du service, je crois plus à l’hyper-spécialisation et à la valeur ajoutée des commerces comme facteurs attractifs auprès des chalands. Je crois aussi qu’il faut diversifier encore davantage l’offre commerciale et améliorer l’accueil de la clientèle.  La mobilité est également un élément essentiel pour rendre le centre plus convivial.  Les responsables communaux en ont d’ailleurs fait l’une de leurs priorités. Instaurer un sens unique de circulation de la place Bosch jusqu’à l’Hôtel de ville serait par exemple  une  idée à creuser.»