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DOSSIER SPECIAL : LE COEUR DE WAVRE  BAT-IL ENCORE ? – L’avis de Bernadette Pierre

DOSSIER SPECIAL : LE COEUR DE WAVRE BAT-IL ENCORE ? – L’avis de Bernadette Pierre

Plusieurs causes au ralentissement commercial

Sans nier les difficultés de son secteur d’activités, Bernadette Pierre préfère d’emblée rappeler les forces du commerce de la capitale provinciale.  Pour l’ancienne présidente de l’Association des commerçants de Wavre (ACW), «l’attractivité de notre ville demeure grâce aux commerces spécialisés même s’ils sont moins nombreux qu’autrefois. Ils sont tenus par de vrais professionnels qui proposent un service et des produits de qualité sans qu’il s’agisse nécessairement d’articles de luxe. C’est pour ces raisons que la clientèle vient à Wavre

Et Bernadette Pierre de souligner que de plus en plus de clients recherchent des produits belges et européens, certes plus chers mais de meilleure qualité. Une année, elle a joué la carte du label national en rassemblant dans ses vitrines des articles sous l’intitulé «C’est fabriqué près de chez vous». «Devant le succès de cet essai, j’ai suggéré à notre association de reprendre l’idée mais je n’ai pas été suivie », regrette celle qui exploite deux commerces, rue du Pont du Christ : «Jeu de Dames» et «Joachim».

Des loyers trop élevés

Notre interlocutrice ne minimise pas la concurrence de l’Esplanade, à Louvain-la-Neuve, mais estime que «l’on y trouve essentiellement des produits bon marché».

Avec ses commerces spécialisés, Wavre ne devrait donc pas trop souffrir de cette présence. «Or, ce n’est plus Wavre qui se développe sur le plan commercial, mais bien Waterloo dont la configuration géographique est pourtant moins favorable que la nôtre», constate Bernadette Pierre.

Pour cette commerçante, outre la crise, plusieurs éléments peuvent expliquer le ralentissement des activités commerciales dans la cité du Maca.

Une des causes majeures de ce déclin est le montant trop élevé des loyers. Ceci a sans doute joué, en tout ou en partie, dans la récente fermeture de commerces ayant pignon sur rue : la librairie Calligrammes, le chausseur Germaine Collard, la boutique de prêt-à-porter Celio et le chocolatier Galler, ce dernier ayant opté pour Louvain-la-Neuve…

Du logement aux étages des magasins

Comment résoudre ce problème de la cherté des loyers ? Par exemple, en transformant l’étage en logement, ce qui permettrait de répartir la charge du loyer sur le commerçant et le locataire de l’étage. Un autre intérêt de la formule, selon Bernadette Pierre, serait de densifier ainsi le centre-ville et d’accroître par là même la clientèle commerciale…

«En matière d’aménagement urbain, la ville de Maastricht est un exemple, ajoute-t-elle. Le centre est piétonnier et on a créé des entrées de service à l’arrière des commerces de manière à permettre aux locataires de gagner leur logement.»

Le parking est également une des faiblesses du centre-ville wavrien.

«Il ne coûte pourtant pas cher et la Ville a prévu des parkings gratuits en divers endroits, un peu en dehors du centre, souligne-t-elle. Le problème, c’est qu’en semaine ils sont complets dès 8h30. Le nombre de parkings est donc insuffisant même s’il faut reconnaître que certaines personnes n’aiment guère marcher et veulent se garer le plus près possible des magasins.»

Et d’ajouter : «Offrir la gratuité du parking le samedi comme la Ville l’a fait avant la Noël est une bonne idée. A renouveler plus souvent si possible…»

Coté animations, Bernadette Pierre considère que certaines ont fait leur temps. «Wavre a été précurseur en matière de braderie et de nuit des soldes mais, aujourd’hui, on en trouve ailleurs dans la région. Avec comme conséquence, que le public se déplace moins à Wavre qu’auparavant. Pour le faire revenir plus souvent, on devrait organiser une animation chaque mois.»

La mobilité pose aussi question. Notamment à cause des bus. «Dans le temps, explique-t-elle, un arrêt de bus se trouvait devant l’Hôtel de ville. Cela amenait des clients. Mais cet arrêt a été supprimé. Les bus, eux, continuent à circuler en plein centre, de la place Bosch vers la gare, ralentissant considérablement la circulation. Ne pourrait-on pas les dévier par la périphérie ?»

Par ailleurs, l’ancienne présidente de l’ACW déplore le fait que les bus venant d’Ottembourg ne passent plus par les quartiers de Stadt et de Basse-Wavre, privant ainsi leurs habitants de la possibilité de se rendre dans le centre-ville.

«Pas de shopping en fin de journée !»

Et que pense-t-elle de l’allongement des heures d’ouverture des magasins comme moyen de satisfaire la clientèle en fin de journée ? «C’est un faux problème, s’exclame-t-elle. Quand vous revenez de votre travail, ce n’est pas pour faire du shopping ! Vos achats sont essentiellement d’ordre alimentaire. Du reste, les commerçants ont déjà fait une tentative d’ouvrir leurs magasins le vendredi jusqu’à 21 heures mais ce ne fut pas concluant. Seules deux enseignes sont allées au terme des trois mois d’essai de la formule. C’est tout dire…»

Mais pour l’exploitante du «Jeu de Dames» et de «Joachim», là où certains commerçants pourraient faire un effort, c’est dans l’ouverture le lundi. «Chez nous, ce jour-là, le chiffre d’affaires n’est certainement pas inférieur à celui des autres jours.»

On le voit, c’est un ensemble d’éléments qui expliquerait, selon Bernadette Pierre, les difficultés du commerce local. Sans parler «de la mendicité qui insécurise les passants, de la Gestion Centre-Ville qui n’a jamais bien fonctionné et de la verbalisation systématique des automobilistes par la police quelques minutes avant la fin du paiement obligatoire…»