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DOSSIER SPECIAL : Le Coeur de Wavre bat-il encore ? – Introduction

DOSSIER SPECIAL : Le Coeur de Wavre bat-il encore ? – Introduction

Le commerce du centre-ville en quête d’un souffle nouveau

Soucieuse de lutter contre la désertification économique des Centres-villes de la province, l’Intercommunale du Brabant wallon (IBW) vient de créer un service chargé d’étudier la possibilité d’installer de nouveaux centres commerciaux urbains. Et ce dans le but de redynamiser le coeur des villes. Nivelles, par exemple, souffre énormément de la présence du Shopping situé en périphérie. Braine-l’Alleud ne respire pas la grande forme non plus.

Sans être aussi malade que ses consoeurs, Wavre n’en affiche pas moins un état de santé préoccupant. Plusieurs commerces spécialisés (Calligrammes, Galler…) ont récemment fermé leurs portes. Le nombre de cellules vides est en augmentation alors que c’est une diminution de cotisants que l’on enregistre au sein de l’Association des commerçants de Wavre (ACW).

La crise qui n’en finit pas de réduire le pouvoir d’achat des consommateurs explique sans doute pour une part les difficultés du commerce local. Mais d’autres facteurs interviennent dans le déclin constaté depuis une dizaine d’années.

A peine installé dans le fauteuil mayoral en 2006, Charles Michel (MR) voulut connaître la situation réelle du commerce wavrien. C’est ainsi que cette année-là, une étude de géomarketing fut demandée au spécialiste des Centres-villes, le professeur Jean-Luc Calonger. Plusieurs éléments furent mis en évidence : Wavre arrivait en tête des Villes belges sur le plan de l’équipement commercial en périphérie ; l’offre commerciale en centre-ville était jugée insuffisante ; les loyers étaient trop élevés et le nombre de parkings trop réduit.

Suite à cette enquête, plusieurs pistes ont été lancées pour donner une nouvelle impulsion au commerce du centre-ville. Nous les rappelons dans l’enquête que nous lui consacrons dans ce numéro. On y trouvera également la position des différentes formations politiques, celle de l’Association des commerçants de Wavre ainsi que le témoignage de deux anciens présidents de cette association.

Comme le commerce est un secteur qui concerne la vie quotidienne de tout le monde, nous invitons nos lecteurs à nous faire connaître leurs avis en répondant aux questions du sondage publié  à la fin de notre dossier. Nous ferons écho à vos réponses dans une prochaine édition. D’avance merci pour votre participation.

Une locomotive pour tirer le train du renouveau

A la demande des autorités communales de Wavre, une étude de géomarketing avait été commandée en 2006 au bureau de Jean-Luc Calonger, le président de l’Association du Management de Centre-Ville (AMCV). Objectif: dresser un état des lieux du commerce wavrien et dégager des pistes pour lui redonner des forces. Un millier de clients avaient été interrogés par les enquêteurs.

Dans le bulletin général de santé des villes, Wavre avait reçu à l’époque une note à la frontière entre «dynamique» et «affaiblie». A titre de comparaison, Louvain-la-Neuve se classait parmi les plus dynamiques et Braine-l’Alleud était en situation de crise. A Wavre, le taux de cellules vides (commerces inoccupés) était stable, soit de l’ordre de 10%.

Une grosse concurrence en périphérie

Le premier constat de l’enquête indiquait que Wavre était en tête dans notre pays sur le plan de la concurrence commerciale en périphérie. En clair, cela signifiait que la cité du Maca offrait le plus de mètres carrés commerciaux par habitant, à vingt minutes du centre-ville.

Deuxième enseignement majeur : le centre-ville comptait certes des  magasins très spécialisés mais son offre commerciale était jugée insuffisante et n’occupait que la quatrième position dans l’éventail des raisons poussant les clients à faire leurs courses à Wavre. En cause: l’absence d’un espace commercial supérieur à 500 mètres carrés, susceptible de jouer le rôle de locomotive dans le centre-ville.

L’enquête montrait également que les loyers commerciaux étaient trop élevés et plaçaient Wavre dans la moyenne supérieure des villes belges. Un élément d’instabilité qui, aujourd’hui encore, constitue une faiblesse du commerce local. De même d’ailleurs que le parking qui, lors de l’enquête, arrivait en tête des facteurs à améliorer avec 26% (ce pourcentage montait à 75-80% quand on demandait l’avis des commerçants). Venaient ensuite l’environnement (11%), les animations (6%) et l’accueil (4%).

Les conclusions de cette enquête alimentèrent la réflexion des décideurs politiques qui choisirent de redévelopper le commerce du centre-ville en privilégiant l’arrivée d’une locomotive.

Une option qui fut présentée en février 2008 par l’échevine du Commerce, Françoise Pigeolet (MR), à l’occasion des Etats généraux du commerce. «Nous allons étudier la possibilité de concevoir un projet immobilier sur le parking des Carabiniers, déclara la Bourgmestre faisant fonction. Ce  centre pourrait faire un bloc avec la galerie des Carmes pour former un pôle. Un parking souterrain pourrait aussi être envisagé sous le parking des Carabiniers. »

Ce vaste centre commercial s’inscrit aujourd’hui dans «La Promenade», projetée par la société Matexi.