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Danièle Adam, la « Mamy des sports », tire sa révérence à la fin de l’année

Danièle Adam, la « Mamy des sports », tire sa révérence à la fin de l’année

A 59 ans, Danièle Adam a décidé de passer le relais à la direction du Service des Sports de Wavre. Une fonction qu’elle a exercée pendant 25 ans et qu’elle quittera à la fin de cette année.  Elle débuta sa carrière à la Ville en 1980 comme vestiairiste de l’ancien bassin de natation géré par l’ASBL communale «Sports et Jeunesse».

Elle devint ensuite secrétaire du Service des Sports dont la création alla de pair avec l’ouverture du hall sportif wavrien, en 1982. «Son directeur, André Joppart, est la personne qui m’a le plus marquée dans ma vie professionnelle, dit-elle. C’est lui qui m’a guidée pour réaliser mon rêve qui était de travailler dans un hall des sports sans savoir qu’ensuite je serais désignée pour gérer ce service.»
Au décès d’André Joppart en 1993, Danièle Adam se retrouva seule aux commandes. Suite au développement des infrastructures, notamment le centre sportif de Limal ouvert en 2000, son service fut étoffé, passant de 2 à 4 personnes pour atteindre aujourd’hui 14 membres, directrice comprise.
«C’est une mini-entreprise aux activités extrêmement variées, ce qui en fait tout l’attrait, poursuit la directrice que d’aucuns surnomment affectueusement la « Mamy des sports ». Notre service compte deux volets. Le premier porte sur la gestion des halls sportifs de l’entité. Le second, appelé « Plaine des Sports », concerne l’entretien des terrains extérieurs et des plaines de jeux. Nous servons de lien entre les services communaux et les clubs sportifs que ce soit pour l’occupation des salles, les subventions aux clubs, les chèques-sport pour encourager la pratique sportive chez les jeunes, l’achat de matériel, les appels d’offres, la préparation des dossiers techniques,…»

Main de fer dans un gant de velours, Danièle Adam reconnaît que la gestion des salles est plus lourde aujourd’hui. «Dans le temps, un simple coup de téléphone suffisait pour régler un problème. A présent, tout est devenu plus compliqué, ajoute-t-elle. Les utilisateurs sont moins fiables et cela entraîne une surcharge de travail. Mais heureusement, dans la majorité des clubs, mes interlocuteurs sont les mêmes depuis longtemps, ce qui facilite les choses.»

La gratuité des salles a contribué au développement du sport

La directrice se réjouit bien sûr du boom du sport loisir qui fait que «les gens deviennent des touche-à-tout» mais elle constate que, dans notre société de couples au travail et/ou de familles recomposées, combiner vie professionnelle et vie familiale ne  laisse guère de temps libre. D’où le succès d’initiatives privées (Promosport, Centre de Formation Sportive…) qui proposent de multiples activités aux jeunes.
Wavre compte 120 clubs et groupements. Ce nombre témoigne d’une belle vitalité sportive, favorisée notamment par la gratuité des salles communales.
«Pour en bénéficier, rappelle Danièle Adam, les clubs doivent être affiliés à une fédération, promouvoir le sport auprès des jeunes et être issus de l’entité. Les salles sont occupées à 100% en soirée et le week-end. Et même en journée, à Wavre, par les écoles. Plus aucune heure n’est libre.»
Les Wavriens sont donc gâtés en matière sportive. En témoignent encore la récente rénovation du hall sportif maca ainsi que les projets de modernisation du centre sportif de Limal et de réaménagement des plaines de jeux.
Et pourtant… «Je regrette le manque d’implication des habitants dans des manifestations collectives, souligne Danièle Adam. L’exemple le plus frappant fut le Trophée Commune Sportive auquel nous ne nous sommes inscrits qu’à deux reprises. La première fois, nous n’avons pu réunir qu’une moitié d’équipe et la seconde, nous avons dû déclarer forfait faute de participants !»

Autre déception : la Fête des sports organisée en 2012 à grand renfort de publicité. «Nous n’avons pas eu un chat !, s’exclame la directrice. Et d’ajouter : «Le Salon des sports que nous avons organisé à 9 reprises, fut, de son côté, un succès, mais nous y avons renoncé en raison d’internet qui fournit toutes les informations sur les clubs sportifs…»
A quelques mois de sa retraite, ces constats décevants n’empêchent cependant pas Danièle Adam, grand-mère de quatre petits-enfants et habitant aujourd’hui à Dion-le-Mont, de rester positive. «Mes plus grandes satisfactions professionnelles, dit-elle,  sont au nombre de deux. D’une part, d’avoir su créer un réel climat de confiance et d’aboutir à une franche collaboration avec les échevins des sports qui se sont succédé  ainsi qu’avec l’ensemble des autorités communales depuis mon entrée dans le service en 1980. D’autre part, d’entrevoir mon départ avec le sentiment du travail accompli : l’ensemble des infrastructures sportives remises à neuf ou en voie de l’être. De nouveaux projets pour compléter au mieux l’outil existant.»

Philippe Pierre