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Contournement nord : un enjeu économique ou de mobilité ?

Contournement nord : un enjeu économique ou de mobilité ?

Le contournement nord a pour but de désengorger le centre-ville de Wavre et de faciliter l’accès au parc d’activités économiques de Wavre nord. Les autorités communales ont annoncé ce projet comme étant crucial pour la mobilité de Wavre, et même pour toute la Province du Brabant wallon.  Cependant, le projet pose question quant à son efficacité réelle et surtout quant à son impact environnemental.

En décembre dernier, une nouvelle étape a été franchie : le permis d’urbanisme a été mis à l’enquête publique. Les citoyens étaient invités à se prononcer sur l’avenir de ce contournement au collège communal. Rappelez-vous, en 2014, un premier permis d’urbanisme avait été déposé à l’enquête publique. Résultat ? Plus de 1000 réclamations avaient été envoyées. Face à ces nombreuses contestations, l’intercommunale du Brabant wallon a retiré son permis d’urbanisme et a commandé une étude d’incidence.
A l’heure où nous écrivons cet article, les réclamations des citoyens suite à la dernière enquête publique n’ont pas encore été toutes dépouillées. Mais il y aurait déjà plus de 2300 lettres reçues de la part des habitants de Wavre.

Pour rappel, le contournement doit relier la RN25 de Grez-Doiceau à la chaussée des Collines, à hauteur du rond-point de la Noire-Epine, en face de GSK dans le zoning nord. Ce projet a pour but de faciliter la mobilité vers le zoning nord qui provoque actuellement de nombreux embarras de circulation dans le centre-ville aux heures de pointe.

L’économie au détriment de l’environnement ?

Pour Françoise Pigeolet, «le contournement nord, ce n’est pas qu’un simple enjeu de mobilité mais c’est aussi un enjeu en terme de sécurité».
Le zoning nord recense plus de 12 000 emplois uniquement desservi par une autoroute et par une seule sortie (la sortie 5 de Bierges), ce qui provoque des files dangereuses sur l’autoroute. Le contournement nord permettrait aux automobilistes d’emprunter un autre tronçon pour rejoindre le zoning nord.
Selon la bourgmestre grézienne, Sybille de Coster-Bauchau, «le zoning nord de Wavre génère de nombreux emplois en Brabant wallon. Le contournement permettrait de garder cet atout au sein de la Province».

Mais nombreux sont ceux qui ne voient pas les choses de la même manière, dont Benoît Thoreau, chef de groupe au conseil communal (CdH). Il s’oppose clairement au projet et doute de son utilité. D’abord, «Les trois dernières zones d’extension du zoning nord amèneront 3.100 emplois supplémentaires, ce qui ne veut pas dire que cela se traduira par autant de véhicules supplémentaires, considérant les autres modes de déplacement encouragés par les autorités».
Ensuite, «Je pense que les automobilistes évitent déjà le centre-ville car c’est plus facile et plus rapide d’emprunter les axes à grande circulation de l’E411 et de la RN25 que les rues du centre-ville à cause des fermetures fréquentes des passages à niveau. C’est d’ailleurs démontré par les comptages de trafic réalisés pour le plan communal de mobilité (PCM)» affirme Benoit Thoreau.

Ce qui pose également problème, c’est la question de l’environnement. Cette nouvelle route traversera plusieurs champs et forêts. Pour Natagora, il n’y a pas de doute : le projet est néfaste pour l’environnement et aura des conséquences nuisibles sur la flore et la faune de la vallée de la Dyle.
Benoit Thoreau rejoint cet avis, «Il y a un point du dossier qui ne suscite aucun doute et sur lequel tout le monde s’accordera : le tracé du contournement défigure un des plus beaux paysages de Wavre et de Grez-Doiceau, il détruit la tranquillité du quartier du Culot et perturbe de manière significative un cadre biologique reconnu, en traversant un site de grand intérêt biologique (SGIB) et en bordant un site Natura 2000», conclut-il.

Charlotte Maret