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Conseil communal. Wavre commune hospitalière? Oui, mais à quelle sauce?

Conseil communal. Wavre commune hospitalière? Oui, mais à quelle sauce?

A l’ordre du jour du conseil communal d’octobre, une interpellation citoyenne. C’est plutôt rare. C’est déjà la seconde pour cette année. Micky Ducamp a donc pris la parole au nom de nombreux citoyens et associations actifs dans la défense des droits fondamentaux des migrants. Il a demandé au conseil de voter une motion pour faire de Wavre une «commune hospitalière».

«Mon interpellation s’inscrit dans le cadre d’une large campagne menée à l’échelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles intitulée «Commune hospitalière»…De nombreux conseils communaux des communes avoisinantes seront d’ici peu appelés à se pencher sur la motion mise à votre disposition. Le 6 mai, une bonne centaine de personnes se sont réunies dans le cadre de l’activité « Wavre dans sa mixité, pour une ville hospitalière », histoire de réfléchir à la situation des immigrés de longue ou de fraîche date, et pour tenter d’améliorer leur vivre ensemble avec les populations locales. Le constat n’est pas beau. Les peurs réciproques tendent à confiner les gens en ghettos, et finalement à cultiver leurs instincts égoïstes….Au fond, ce sont des gens comme nous, avec un grand cœur, une soif d’amitié, et des trésors de gentillesse.Vous le savez, la Belgique s’est engagée depuis des décennies dans la voie des Droits de l’Homme, de la convention de Genève sur les réfugiés, des accords européens sur la relocalisation des réfugiés débarqués en surnombre en Grèce et en Italie. Vous savez aussi que notre pays ne remplit pas ses obligations en la matière et n’a pas accueilli la moitié des migrants qu’il aurait dû accueillir…Dans le Jeu de Jean et Alice, Victor Hugo nous a rappelé – et vous l’avez écouté cinq fois, pour être sûr d’avoir bien compris –  « Tant que tout le possible n’aura pas été fait, le devoir n’aura pas été rempli !»

Une vraie hospitalité

«Le monde politique croit devoir concéder aux courants populistes et xénophobes, comme s’il avait peur de ne pas se faire réélire. Sachez que la plupart de nos concitoyens ont du cœur, même pour les étrangers et les migrants. Ne serait-il pas temps que votre Conseil prenne en main la guidance des citoyens vers une plus grande cohésion, une vraie hospitalité, une vraie solidarité ?Les Wavriens, interpellés par la situation des migrants en Belgique et dans leur commune, souhaitent que Wavre garantisse résolument à son échelle, une politique migratoire basée sur l’hospitalité et le respect des droits humains et des valeurs de solidarité et se déclare commune hospitalière…»

Au final, la motion est passée à la trappe même si la plupart des conseillers se sont déclarés favorables à sa motion déclarant Wavre, commune hospitalière.

Une autre motion en interne

Pour tout dire, suivant le règlement d’ordre intérieur du conseil communal, les conseillers, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, ne peuvent pas réagir directement à une interpellation citoyenne. Mais la Bourgmestre Françoise Pigeolet (MR) y a dérogé et a annoncé que le Collège présenterait une autre motion lors du prochain conseil. Une motion mise à la sauce de la majorité ! Doit-on parler de récupération politique ? Christophe Lejeune (Écolo) demanda s’il était bien nécessaire de réécrire la motion présentée par Micky Ducamp. Stéphane Crusnière (PS) demanda de mettre en place un groupe de travail réunissant tous les groupes politiques pour rédiger la motion à voter lors du conseil du mois de novembre, histoire d’éviter d’autres débats au conseil de novembre. Françoise Pigeolet a réitéré sa volonté pour que la majorité vienne avec sa propre motion. «Laissez-nous le soin de réfléchir en interne, a-t-elle répété, sur un ton on ne peut plus ferme.»

Finalement, la tournure des débats laissait craindre à Micky Ducamp que sa motion soit vidée, en grande partie, de sa substance et que la motion finale, proposée par la majorité, se contente de dire que Wavre est hospitalière….

Wavre in fine hospitalière ?

En adoptant la motion proposée par la majorité pour déclarer que Wavre, ville hospitalière, le conseil communal a marqué d’une pierre blanche cette journée du 21 novembre. À sa sortie du conseil, Micky Ducamp, initiateur de cette démarche, ne cachait pas sa satisfaction. «Je suis très satisfait. C’est un pas important qui a été franchi. Il y a eu des changements par rapport au texte de la motion que j’avais déposée. Soit, et finalement, c’est mieux ainsi. Cela précise un peu mieux les choses. Dans cette problématique il y a beaucoup de choses à faire. Ceci est un petit pas mais c’est un pas important. »

Wavre devient donc une ville exemplaire. Son hospitalité est donc reconnue et encadrée par un texte produit par le seule majorité. Un geste humain qui balise les bons comportements à avoir face à la problématiques des migrants, des demandeurs d’asile, des réfugiés, des illégaux et des ressortissants étrangers « Wavre ce sont 34287 habitants. Nous comptons 3747 personnes d’origine étrangères sur notre territoire. Cela représente 115 nationalités. Le texte que nous proposons reformule les actions. Cette motion exigeait des règles claires en s’adaptant à la réalité wavrienne, a tenu à dire Françoise Pigeolet. Cette question est quand même au cœur de notre projet politique. Wavre prend le terme de ville hospitalière mais Wavre n’avait pas besoin de cette motion pour affirmer ce qui est déjà une réalité.»

Et question motion, on a été servi puisque Stéphane Crusnière (PS) en avait déposé deux autres. Une concernant le futur système de pension de la fonction publique, une autre concernant la création d’un budget participatif. Le conseiller n’a pas été suivi par la majorité et ses motions ont donc été rejetées.

Le joli bébé

Mais ce conseil fut l’occasion d’acter la future fusion entre l’IECBW et l’IBW. Deux des cinq intercommunales du Brabant wallon fusionneront. En fait, il convient plutôt de parler d’absorption. L’IBW ingérera l’IECBW. L’esprit de cette démarche c’est évidemment la bonne gouvernance mais c’est une belle opportunité de mettre en place des synergies au services des communes et des entreprises. Si ce point est venu sur la table du conseil, c’est parce qu’il y a nécessité de se prononcer avant les deux assemblées générales extraordinaires prévues début décembre, le 5 et le 6. En janvier, In BW sera la nouvelle entité qui gérera les mêmes matières.

Cela a donné lieu à quelques interventions pour le moins cocasses. «Anne Masson, présidente de l’IECBW, la maman, et Pierre Boucher, président de l’IBW, le papa, nous proposent un beau bébé, s’est ému Christophe Lejeune (Ecolo). » Mais cette fusion est aussi une belle affaire financière pour la Ville. En effet, la disparition de l’IECBW va permettre une redistribution des parts du capital. Wavre touchera donc 3 800000 € à la liquidation de l’IECBW.

«Voilà une bonne nouvelle, a réagit Benoît Thoreau. Ce serait judicieux de mettre cet argent en vue de la constrcution de la nouvelle piscine attendue des Wavriens depuis 30 ans. » Anne Masson a répondu : « Cette proposition n’est certainement pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Notre échevin des sports, Jean Pol Hannon a certainement pris bonne note de votre proposition.»

Souriez, vous serez flashés

Dans un autre registre, le conseil a approuvé l’achat d’un cinémomètre numérique mobile. C’est donc chose acquise la zone de police va disposer d’un nouveau flash. Françoise Pigeolet a tenu à préciser ce choix. «De récents et tristes événements, nous poussent à réagir face à la problématique de la vitesse. Nous avons demandé en interne une analyse des endroits où cette problématique est la plus grave. Sept sites ont été clairement identifiés. La chaussée de Louvain, de Huy, de Bruxelles, la rue de Namur, la rue Charles Jaumotte, l’avenue Reine Astrid et le boulevard de l’Europe. Notre volonté n’est pas de piéger les automobilistes. Sept boîtiers seront installés et clairement annoncés. Le cinémomètre tournera.»

Ceux qui ont le pied lourd sont donc prévenus et vu le futur dispositif, il leur sera difficile de contester les infractions constatées.

Pascal Jassogne